Lundi 2 juin 2008
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17:12
ou "les aventuriers de la quête perdue"
Curieuse rencontre que celle de Nicole Tran Ba Vang en ce vendredi 23 mai 2008.
Très à l'aise, souriante, enjouée, charmante, amusante même, elle ne nous livra pourtant pas beaucoup d'informations sur son travail…
Bénéficiant d'un parcours assez atypique avec un "décollage immédiat" de son activité artistique après un détour par la mode, NTBV a pu vivre de son travail depuis le commencement, et n'a pas
à partager son temps entre la création et un travail alimentaire.
Néanmoins elle omet soigneusement de préciser qu'elle a été remarquée au salon de la jeune création, n'explique pas non plus (malgré nos questions insistantes) la raison de sa rupture avec sa
galerie.
Quand à l'écrasante utilisation du corps féminin, assez étonnamment elle ne l'explique ni ne la revendique !
La seule information qu'elle nous livre est la "quête de sens, de vérité" qui a motivé son changement de parcours.
Même questionnée sur l'aspect technique de son travail, elle reste assez évasive…
La rencontre s'avère donc assez décevante et stérile.
Il ne semble donc ne rester qu'un travail plastique un peu habile en lisière de la mode. Je suis assez d'accord avec Sarah quand elle dit qu'elle laisse plus une impression de "femmes d'affaires"
que d'artiste.
Dans un registre assez voisin, Christophe Luxerereau m'avait fait une meilleure impression, pour de multiples raisons:
- il semble mener une recherche de longue haleine (qu'on y soit ou non sensible) avec des travaux assez différents, alors que chez Nicole TBV on n'a pas vraiment l'impression d'un développement de
l'oeuvre,
- esthétiquement son travail est quand même plus poussé,
- il parle volontiers de son travail, livrant beaucoup (presque trop) d'informations sur sa démarche,
- techniquement il est également plus transparent.
Christophe L. est plutôt un artiste émergent, alors que Nicole TBV a eu accès immédiatement à une visibilité et à une reconnaissance financière. Son oeuvre semble plus répétitive, alors que
Christophe semble vraiement chercher et se poser des questions (même si par ailleurs elles ne sont pas toujours perceptibles dans son travail).
Alors je me pose la question suivante :
- est-ce que l'accessibilité très rapide à une indépendance financière et à une diffusion de son travail artistique n'aurait pas, dans le cas de Nicoel Tran Ba Vang, "tué" dans l'oeuf l'envie de
recherche, de questionnement ?
- d'une façon plus générale est-ce qu'un succès très (trop) rapide n'entraîne pas un risque d'inhibition de la démarche, la figeant dans la répétition ?
Car réellement, malgré toutes nos tentatives d'en savoir plus, il semblerait que cette "quête de sens" ne soit apparue à personne de l'assistance présente !
Christophe