Excalibur

Publié le par Christophe

Que reste-t-il aujourd'hui d'"Excalibur", film événement  du début des années 80 ? (toujours visible sur le satellite)

Succès public et critique, novateur en son temps, le film de John Boorman a auhjourd'hui vieilli par certains aspects.
La photo, filtrée dans bien des scènes, chatoyante, était assez inédite en son temps  : le cinéma, principalement fantastique, a abusé depuis ce type d'ambiance visuelle.
L'apect visuel, excessif, opératique du film, (avec les armures brillantes, la brume, le coucher de soleil final, la violence, etc.) a perdu beaucoup de son impact également.
Le film annonce en fait la décennie 80, et a probablement été beaucoup pillé depuis sa sortie : sans compter que le film annonce l'esthétique publicitaire des années 80, popularisée par metteurs en scène comme Ridley et Tony Scott, ou encore Russel Mulcalhy ("Razorback", "Highlander I").
Enfin le film est assez sérieux, et dispense peu d'humour à part peut-être le comportement facétieux et imprévisible de Merlin.
L'utilisation de la musique, avec notamment "Carmina Burana" de Carl Off, et "la marche funèbre de Siegfried" du "crépuscule des Dieux" de Wagner, contribue encore plus à donner au film cette dimension opératique, et à lui donner cet aspect solennel et naîf, très premier degré, qui contribue à son vieillissement aujourd'hui (sans oublier les dialogues et l'interprétation).
La quête et l'aspcet métaphysique de la geste Arthurienne, avec sa quête du Graal semble être ce qui a le plus intéressé Boorman : il n'y a pas vraiment de "grande bataille", au moment de la création de l'ordre de la table ronde, elles sont résumées rapidement, en quelques phrases, et la bataille finale, dans la brume, est expédiée pour arriver à l'affrontement père/fils (Arthur/Mordred) lui aussi très rapide. Cet aspect que l'on pouvait attendre est bâclé. Alors que Boorman prend son temp pour montrer la reprise d'Excalibur par la Dame du Lac.
Le Dame du Lac est d'ailleurs à peine entrevue, comme certains autres 'aspects de la geste Arthurienne (tel le passage des religions pré-chrétiennes - le culte de la Déesse -par exemple - à l'avènement du christianisme, ou l'origine de Lancelot).

Et alors, finalement ?

Malgré tout, pour peu qu'on se laisse prendre à cette histoire de quête du Graal, le film conserve un certain charme, peut-être dû au fait que tout simplement le réalisateur semble prendre son sujet au sérieux ???
"Excalibur" reste en fin de compte un film emblématique de son époque, forcément daté, mais sincère semble-t-il…

Christophe
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