Loulou Picasso
Nous avons eu une séance un peu inhabituelle ce vendredi 21 mars : en effet au lieu du déroulement traditionnel où l'intervenant présente son parcours, puis son travail avant que l'on passe à la partie débat et questions des étudiants (enfin pour une partie d'entre eux…) Loulou Picasso a déroulé assez longuement son histoire, en y mêlant sa démarche et le contexte de l'époque, avec un certain talent de conteur.
Sa modestie et sa voix très agréable faisait qu'une sorte de charisme très discret et apaisant émanait de sa personne. C'était assez passionnant de l'entendre raconter l'histoire du groupe bazooka, quand même assez atypique dans son fonctionnement et son accession à la notoriété.
Un des ciments du groupe semblait être la musique (nombreux connections, pour le travail sur les pochettes de disque,) et l'histoire du groupe, qui mélange notoriété et destin collectif (vie en communauté, drogue) semble ressembler trait pour trait à un biopic de star du rock, ou dans le sens "maudit" du terme (la notoriété n'ayant pas permis l'enrichissement financier, et le groupe ayant vu son influence se répercuter sans forcément en toucher les fruits).
Il était de plus intéressant de voir un travail très ancré dans l'actualité (même si celle-ci est ancienne) et assez provocateur.
La plupart des artistes que nous avons reçu ont essentiellement des considérations d'ordre plastique, et semblent même vouloir rester assez loin de tout engagement (Brankika, Gaelle Chotard) mais nous étions cette fois-ci en présence d'un artiste qui met sa technique (par ailleurs très aboutie) au service, peut-être pas d'une idéologie, mais d'une conscience politique pourrait-on dire, et cela extrêmement tôt, dès la naissance du groupe.
Je suis personnellement très impressionné par ce type d'engagement, surtout lorsqu'il se manifeste si jeune !
Initialement j'avais un peu peur que le travail de Loulou Picasso ne nous parle pas, (pour des raisons de contexte évidentes) mais sa faculté à faire revivre cette période que nous avons pas ou peu connu était vraiment passionnante, et je pense qu'elle a touché plusieurs étudiants (même si j'avoue que l'apathie d'une grande partie d'entre eux me dépasse de plus en plus !). Sans oublier le fait de découvrir son travail et celui de ses acolytes, et de voir à quel point il a été novateur : le groupe est quand même est partie à la base de l'esthétique punk des années 76/77, et leur travail sur la mise en page et la typo a été incroyablement repris par la suite !
Merci à Loulou Picasso donc pour cette très chouette séance !
Christophe
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