Cloverfield

Publié le par Christophe

ou "can you shut the light" (Van Halen)


Ahaha  trop drôle !
Un commentaire  sur un blockbuster américain sur Arty-show !

Ben oui mais voilà ça peut être sympa de commenter un film grand public, surtout quand celui-ci est atypique à certains points de vue.

Cloverfiel donc…  commence par une soirée destinée donnée à Manhattan pour fêter le départ au Japon d'un des protagonistes principaux. Grande party donc, pendant laquelle le meilleur ami du héros est chargé de filmer toute la soirée avec un caméscope numérique.
Or pendant la soirée, quelque chose attaque Manhattan, et la panique s'empare de la ville, pendant que l'armée intervient.
Et là on entre dans le principe du film, qui est de ne montrer de l'histoire que ce que la caméra de ce protagoniste filme, de la même façon que dans le succès surprise de l'année 1999 "le projet Blair Witch".
Le principe n'est donc pas révolutionnaire, mais plutôt inédit dans de type de sujet, et bien exploité à mon sens…
En effet en collant coûte que coûte à ce principe (la musique n'arrive qu'à la toute fin du film), le metteur en scène Matt Reeves  - outre de le fait ne nous coller légèrement le tournis avec cette caméra à l'épaule, surtout dans les 20 premières minutes -  permet l'installation de quelque chose qu'on trouve de moins en moins dans le cinéma fantastique - parallèlement au développement des effets spéciaux numériques - je veux dire le mystère, qui se développe à partir d'événements qui se déroulent hors champs, (qu'on ne voit pas).

A partir de là le film se déroule comme une bonne série B comme on en fait plus ou rarement (notamment depuis que John Carpenter à cessé de faire des longs-métrages) : on suit les péripéties dans la ville d'un petit groupe de personnages parti secourir l'un d'enre eux (suite au message d'un portable) et évoluant entre ce qui est en train de réduire New York en cendres d'une part et l'armée qui a fort à faire d'autre part.

L'entité lovecraftienne qui s'est réveillée n'apparait que brièvement à la fin, et jamais entièrement. A signaler un design pour une fois vraiment original, qui se démarque de l'extra-terrestre dérivé de l'"Alien de Ridley Scott, ou du pseudo-dinosaure à la "Godzilla".
Le film est donc "l'anti-Godzilla" par excellence :  pas de pseudo théorie scientifique pour expliquer ce qui se passe, les effets spéciaux (excellents) sont intégrés à l'histoire, et non mis en avant.
Jusqu'au bout le mystère est maintenu, et on ne sait pas comment se termine l'histoire, ni l'origine de ce qui force l'armée à éradiquer New-York de la carte.
Pas d'explication vaseuse, et l'action reste centrée sur notre petit groupe, interprété par des inconnus (condition sine qua non au réalisme du récit).
Le film prend donc une allure de reportage testamentaire. Certains moments sont assez angoissants, de cette angoisse jubilatoire que l'on peut éprouver devant une bonne série B.

A noter que la destruction de Manhattan, après les événements de septembre 2001, prend une allure d'exutoire pour les américains, de la même façon que dans les années 50, après le traumatisme d'Hiroshima et Nagasaki, Godzilla (et d'autres monstres) ravagent systématiquement Tokyo dans les productions japonaises.
Le parallèle est troublant, surtout venant des Etats-Unis, nation la plus "puissante" du monde.

Pour finir j'ai noté les nombreux départs de spectateurs en cours de film, qui selon moi découlent du fait que le film n'est pas un blockbuster, car il n'en reprend pas les codes actuels (absence de parti-pris, démesure d'effets spéciaux, lissage de l'intrigue, absence de mystère). Son indéniable originalité ne peut que déplaire à un grand nombre.
En tout cas il valait bien un post !

Christophe
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M
je kiff tro grave ce film il déchire!( pour détrôner l'analyse fort juste de ma camarade) <br /> sinon ce qui a été appréciable aussi dans ce film c'est que la bê-bête finalement on s'en fout (presque) et que les vrais questions sont "comment survivre?, à quel prix? que ferait-on dans ce cas? pour qui? pour quoi?" puisque les situations extraordinaires ( d'évolution incontrolée de l'espèce, d'invasion, ou même juste de guerre atomique) ne sont pas si loin de nous toucher!
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C
Un commentaire absolument dantesque de Fanny, que le film a visiblement interpellé elle aussi !
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F
C'est vrai que ce film sort des conventions ennuyeuses des films catastrophes. <br /> Influencé à la fois par le style "Blairwitch" (bien que peu utilisé) et par les vidéos amateurs de vraies catastrophes. Que ça soit celle du 11 septembre 2001 ou du tsunami indonésien du 26 décembre 2004, parmi d'autres, elles ont été largement diffusées sur la toile, vues et revues des milliers de fois. Je me demandais si cette floraison de vidéos témoignages de catastrophes ne donnaient pas naissance à une esthétique? Vis à vis de l'actualité journalistique, la vidéo est de nos jours devenue le médium qui documente le mieux la réalité, détrônant la photographie. Ainsi, la reprise de cette esthétique amateur nous plonge au coeur de la catastrophe et nous fait ressentir une "véritable" angoisse (sûrement + qu'avec des artifices régulièrement employés). A noter les "oh my god" qui ponctuent les images, une bande son très proches des vidéos du World Trade Center...qui font appel à des nouveaux codes de l'ordre du témoignage, du vécu, et nous font vivre des sensations similaires à celles éprouvées devant les flash spéciaux, peuplés maintenant de vidéos amateurs. (émotions ressenties auparavant devant une photographie de reportage (du Viêtnam ou autre conflit/catastrophe). <br /> ces vidéos fascinent, car fortes, véridiques, preuve que quelqu'un a vécu la catastrophe de l'intérieur. Et c'est cette angoisse que Cloverfield réussi à nous faire ressentir grâce au point de vue adopté par la caméra...<br /> Réussi à mon avis.
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